Cameroun

Première descente en kayak sur la Menoua

L’eau-vive au Cameroun

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le 26 mai 2006

avec Francois Lecarpentier, Olivier Testa

Cette descente fait suite au repérage de la veille, à pied, depuis les berges.

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Paysage de l’Ouest Cameroun

Nous partons à 14h pour le pont F4 depuis la base nautique de Dschang avec un sit-on-top monoplace, un gilet, casque et une corde.

Il vient de beaucoup pleuvoir, la rivière est chargée. Nous nous garons sur le bord de la route, au niveau d’un talus 100m après le pont de F4 sur la route qui monte à Fongo-Ndeng, à côté d’une épave de voiture.

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A travers les champs
Avocatier, maïs, bananier, arachides, pommes de terres, ananas : polyculture simultanée à l’ouest Cameroun

Quelques mètres avant, nous trouvons un sentier qui se rend à la rivière à travers les champs en jachère. Malheureusement, nous nous décourageons pour cet accès. Nous allons à d’autres endroits, en traçant notre chemin à la machette. L’excitation est à son comble, et nous revenons à notre idée initiale. Nous taillons les herbes folles et les arbres pour ménager un accès à la rivière, au niveau d’un banc de rocher qui permettrait un embarquement facile. Après 30 min de jardinage, l’accès est praticable et je pars chercher le kayak.

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La Menoua, à Dschang

Un doute s’empare de moi. Il vient de pleuvoir, le pic de crue est passé, mais la rivière reste très active, je pars seul, et mon expérience est mince. Enfreindrais-je la règle du spélélologue, "savoir renoncer ?". Même si le bras de rivière envisagé est très court (1,5 km), c’est suffisant pour se faire mal.

Je pars. Dès le début, la navigation est belle, calme, les arbres poussent de chaque côté, il fait sombre dans ce sous bois. Des canards s’enfuient à mon approche. Naviguer dans cette eau rouge opaque est original. Le gazouilli des oiseaux est très agréable. Mais après une minute, le grondement se fait entendre, et les remous s’approchent. Un passage délicat, difficile, aura raison de moi. Je me retrouve à l’eau. Le passage est de courte durée, mais je me fait bien brasser.

Je ré-embarque, et le cours d’eau s’élargit de nouveau : le navigation redevient tranquille. Je remarque que ma pagaie est très courte pour pouvoir diriger l’embarcation dans les rapides. Nouveau rapide ponctuel avec un dénivellé. Le sit-on-top n’est pas fait pour ça et plouf, je dessale, mais je remonte rapidement. D’autres petit rapides suivent, mais je les passe avec succès. La rivière se sépare en deux branches, et les derniers rapides se négocient bien. Je passe sous le pont de liane, signe que l’aire de débarquement arrive.

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Eau rouge
Petit passage tranquille, après le sous-bois, dans un eau rouge opaque, chargée en sédiments

Mais une surprise de taille m’attend. Un tronc est tombé en travers et retient un tas de détritus sur 40m de longueur. Des centaines de bouteilles plastiques (60%), emballages, et chaussures (40%) se sont accumulées là, et le bateau ne passe pas. Je passe à l’eau en essayant de pousser les ordures. Echec. Je remonte sur le kayak, et essaie de marcher sur le tapis de détritus. Je rampe sur un tapis de détritus qui s’enfonce sous mon poids et il s’agit d’avancer avant de perdre la portance. C’est difficile, les odeurs nauséabondes se multiplient, mais je ressort de là. Le débarquement se fait une vingtaine de mètres plus loin. Je sors, pieds nus, traverse les plantations de maïs, de haricots, de bananiers et d’ananas et me fait piquer par un insecte au pied. Je retrouve François et nous portons le kayak 20 min jusqu’à la voiture restée à l’entrée de l’ancienne route de Santchou. Les émotions nous ont donné faim, et nous rentrons à Dschang, le sourire jusqu’aux oreilles.

Un coup d’oeil à la carte montre le petit bout de rivière parcouru. La descente a duré 20min en tout, mais doit se faire en beaucoup moins de temps.Cela a été néammoins suffisant pour un début et les conditions d’eau,. Cependant, d’après la carte, la route de la falaise suit le cours d’eau durant un long moment, et une descente bien plus longue (6-7 km) est possible.

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Petits rapides manquant d’eau

Cette descente a été fait en mai après une petite crue. Il est avéré qu’en mai, le débit moyen est 3 fois plus fort qu’à l’étiage, en janvier, mais 3 fois plus faible qu’en sept-octobre (il y a un facteur 10 (!) sur le débit de toutes les rivières camerounaises entre l’étiage et la saison des pluies). Malgré ce niveau d’eau, il y avait peu d’eau à certains endroits. En saison sêche, n’y même pas penser.

Un nouveau repérage a eu lieu un peu plus tard

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