Aventures Spéléologiques

Randonnée dans le Massif du Mbapit

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Le massif du Mbapit est accessible à pied pour des randonnées dont la plus spectaculaire nous amène au lac de cratère Mfou (ou Nfou) entourés de falaises à pic. Personne ne peut descendre s’y baigner dit la légende.

Présentation

Situé à 1h30 de voiture de Dschang sur la route de Foumbam, 40 minutes de Bafoussam, il faut prendre une piste bien aménagée à 3,5 km de la sortie de Foumbot, sur la droite, juste après le panneau "33km de Foumban". Le massif du Mbapit (ou Mbépit) se présente face à nous, avec sur la gauche le lac, que l’on devine, et à droite le point culminant, à 1988m. On poursuit la piste durant 15 minutes avant d’arriver au village. Là se présentent spontanément des nombreux guides qui vous proposent, à la limite du harcèlement, de vous amener au lac. Continuer la route évidente qui mène au massif. Nous passons devant un splendide rocher craché par le volcan lorsqu’il était en activité. Ce rocher est cassé et l’on peut voir les différentes couches de lave tourmentée durcie. A l’entrée, la commune rurale de Foumbot a installé une barrière, et il faut s’acquitter de la taxe de 10000F par véhicule. Ici aussi se trouvent des guides (2000F). Le route continue, et en moto ou en 4x4, il est possible de continuer jusqu’au pied des escaliers. Sinon, c’est par une petite promenade paisible, profitant du paysage verdoyant, que l’on rejoint les escaliers. Le ministère du tourisme a installé ici des marches pour grimper la pente raide qui monte au rebord du lac de cratère.

Là, une vue majestueuse s’offre à nous. Le lac circulaire occupe le fond d’un cratère dont les parois, verticales, dominent le lac. Au fond, nous distinguons des oiseaux, et quelques arbres qui baignent dans la tranquilité. La légende dit qu’un cailloux lancé ne trouble pas l’eau. La petite randonnée pour faire le tour du lac s’impose, malgré la raideur de la première pente. Mais de l’autre côté du volcan, le vue change et nous pouvons apercevoir la plaine et les nombreux anciens cratères, intensément cultivés grâce à une terre volcanique très riche. Dans le lointain, la massif du Nkogam aux versant verticaux se découpe tel une citadelle imprenable. Côté Mbapit, c’est deux petits villages Mbororos qui se trouvent accessibles à proximité du lac, mais dans le lointain, on peut distinguer d’autres villages, sur le plateaux au pied du sommet du massif. Ces villages sont typiques de cette ethnie du nord, éleveurs de boeufs, qui vivent dans des cases circulaires en terre séchée et toit de chaume conique. Ils sont musulmans et polygames, et contrairement aux villages bamiléké, leurs villages sont extrêmement propre et entretenus.

La randonnée vers le sommet du massif est nettement plus dure. Cela commence par une brave montée vers le plateau, puis après avoir atteint un second cratère, il faut monter à travers pente vers le sommet qui semble s’éloigner sans cesse. Etonnement, si au niveau du lac, en bas, la végétation était basse et constituée d’herbes, sur le plateau et le sommet subsistent quelques forêts qui enchantent le lieu.

Ce qu’on n’apprécie pas :
- se faire considérer comme un porte-monnaie sur pattes. On se fait presque agresser par les prétendus guides, les taxeurs en tout genre. Ce village est pourri par l’argent du tourisme, et si on a le malheur d’être blanc, tout le monde vient vous demander de l’argent. C’est d’ailleurs la première fois que je subis ça au Cameroun.
- se faire aborder sans vergogne pour nous soutirer de l’argent
- l’aménagement du site, tout en béton, qui gâche le site.

Ce qu’on apprécie :
- la splendeur du lac, sa couleur bleu, les falaises qui l’entourent
- les villages traditionnels Mbororos
- La vue sur la plaine et les volcans

Pratique : Foumbot-Mbapit (moto) : 2-300F (on vous demandera 3000F...) Entrée au site : 5000 ou 10000F (c’est très exagéré, en comparaison avec les autres sites touristiques du Cameroun)

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Mont Mbapit

Petit Compte-rendu de notre 1ère visite avec Bernard le 6 octobre 2006

C’est par une journée qui s’annonçait belle que nous partons à 7h de Dschang pour Foumbot. C’est tard, mais mieux vaut tard que jamais. Nous prenons une première voiture qui nous conduit à Bafoussam, puis une seconde pour nous amener à Foumbot. La route est très belle, bordée de volcans (éteints), dont les pentes très riches sont intensément cultivées.

De là, nous trouvons sans problème une moto pour nous mener jusqu’au massif du Mbapit. La moto peut nous mener jusqu’aux escaliers, au pied du lac, mais nous préférons partir à pied et admirer le paysage à notre rythme. Les abords du massif, constamment broutés par les vaches, ressemblent à un superbe alpage à l’herbe très entretenu. De nombreux goyaviers bordent la route, et il faut en tester plusieurs pour tomber sur des goyaves sucrées qui nous ravissent.

Nous continuons notre chemin avant de nous faire hêler par un gamin derrière nous. Il nous rejoint et nous empêche violement de continuer. "Le blanc paie" nous dit-il. Nous sommes deux, mais Bernard, camerounais, n’est pas embêté. Seul les blancs doivent payer. Ce racisme ordinaire m’énerve au plus haut point, et je laisse Bernard essayer de se débrouiller à expliquer nos missions et nos activités. Finalement, à court d’argument, pour aider Bernard, je sors ma carte de visite que j’avais fait la veille, et miraculeusement, cela les émerveille et ils nous laissent passer. Nous continuons sur cette route carrossable jusquà avoir en vue le grand escalier qui mène au bord du cratère. Cette folie camerounaise qui pousse à construire des énormes ouvrage hors de prix (dont la plus grande partie est dépensée en pots-de-vin) lorsque l’on veut "aménager" un site touristique. Quelques pancartes, une petite case en bambou et un vrai guide auraient suffit, plutôt que cet escalier qui n’a pas dû coûter moins de 80 millions...

Malgré cela, le site reste superbe, et il est difficile de deviner ce qui se cache au fond du cratère. La montée est raide, et le soleil de plomb. Mais arrivé au sommet, la vue est époustouflante : le lac, d’un bleu sombre et pur, circulaire, est superbe. Entouré de falaise faisant jusqu’à 200m de haut, le lac est dans un écrin. Les berges du lac sont occupées par des arbres, et le chant des oiseaux parvient jusqu’en haut. La baignade serait délicieuse, mais ce sera pour une prochaine fois. La légende dit qu’une pierre lancée du bord n’atteint pas l’eau. Bernard, plus habile que moi au lancer, tente l’expérience, et il faut se rendre à l’évidentce : la légende est vrai. Les perspective est telle qu’à chaque fois, on croit que la pierre va y arriver, mais on la voit disparaître dans un silence assourdissant.

Après de longs moments de détente, et de contemplation, nous entreprenons de faire le tour du lac, en longeant la crête du cratère. La vue est superbe, tant sur la plaine de Foumbot que sur celle de Foumban, le massif du Nkogam et le lac Bamendjing, que l’on aperçoit au loin. Les volcans sont plus de dix autours de nous, le paysage vaut vraiment le coup d’oeil. Arrivé au sommet du cratère, je continue seul, Bernard prenant un bain de soleil.

Je pars voir les grottes que l’on distingue dans les falaises. L’accès est impressionnant, mais rien de bien dangereux. Ces grottes sont justes des abris creusés naturellement dans la lave. D’ailleurs, les falaises ne sont pas homogènes, et lorsque l’on est près, on se rend ccompte que nous sommes en face d’une paroi de puzzolane compactée par des milliers d’années. Mais en grattant avec le doigt, le rocher s’effrite. Je continue un peu, et remarque un petit serpent qui traverse le chemin à quelques centimètre de mon pied. il ne fait pas plus de 50cm, cela doit être un jeune. De couleur grisâtre, je regarde entre les herbes si je peux le voir. Il s’est dressé, et ayant écarté sa coiffe, je me rend compte qu’il s’agit d’un cobra. il me fait face, sa coiffe est noire rayée de bandes rouges. On se regarde, puis je le contourne.

Retour, puis nous décidons de faire une boucle pour rentrer. J’aimerai monter au sommet du massif, mais Bernard est fatigué, et l’on va donc rejoindre un village où il pourra m’attendre. Coupant à travers champs, on se dirige au feeling vers un joli village Mbororo. Cette ethnie, qui vient du nord, était nomade. A présent sédentaires, ils vivent dans la régions dans les zones montagneuses où ils peuvent élever leurs troupeaux de vache. Les villages sont extrêmement propres, très bien entretenus, et aucun déchet n’est jeté au sol. Les femmes sont de plus d’une beauté envoutantes. Musulmans, contrairement à la tradition Bamiléké qui veut que ce soit la femme qui travaille et cultive les champs, les Mbororos laissent leurs femmes au village élever leurs enfants et s’occuper du foyer, et seuls les hommes travaillent. C’est peut-être pour cette raison que les maisons sont si bien entretenues, les villages si propre et les femmes si bien apprétées. La différence est flagrante entre un village Bamiléké et un village Bororo. Les cases Mbororo sont circulaire, en terre battue avec un toit conique en chaume. Peuples éleveurs, ils sont aussi très riches. A la naissance, chaque enfant reçoit une vache en patrimoine, et il doit le faire fructifier. Il n’est pas rare de rencontrer un homme possédant plusieurs centaines voire milliers de vaches, ce qui représente des fortunes immenses.

Nous traversons le village, saluant les habitants, et continuons vers Bafousset, plus bas. Sur la colline d’en face, j’aperçois ce qui pourrait bien être une piste pour monter sur le plateaux du massif, première étape avant le sommet.

Je continue seul mon périple, et grimpe rapidement la forte pente, accompagné d’un éleveur. Arrivé au plateau, c’est un autre monde qui s’offre à mes yeux. Ici, la forêt a par endroit conservée ses droits, une demi-douzaine de village sont disséminés, et l’on peut voir les troupeaux paître. La vue vers le cratère du Mfou est très belle, on peut voir le trajet effectué depuis le matin. Et si on ne peut apercevoir le lac, la vue sur les falaises tombant à-pic dans la geule du volcan est suffisante pour être ravi. La montée vers le second cratère, très beau, se fait sans trop de problème, mais le soleil tape fort. Je redescend de l’autre côté, en direction du sommet. Il y a en fait trois sommets qui se suivent, et la pente, très raide, a failli me faire renoncer. Mais en ce jour de repos, il faut ressentir une bonne fatigue, et je pousse jusqu’au sommet, qui permet d’avoir la vue panoramique de la région.

La redescente se fera tranquillement, assoifé, mais content. Quelques goyaves trouvées étancheront ma soif, la traversée de deux villages sera l’occasion de rencontre avec des enfants étonnés de voir le blanc, et une fois Bernard rejoint, nous croiserons notre ami Abdu’Doulé, rencontré le matin même dans le premier village traversé, et qui nous raccompagnera vers le village principal en discutant de ses projets : vendre ses vaches pour acheter 35 taxis, partir visiter les trois seuls pays où il aimerait se rendre (l’Inde, le France, l’Irak), rencontrer la correspondante de RFI à Washington (dont il apprécie beaucoup la voix)...

Je trouve quelques beignets de farine de haricot frit dans de l’huile de palme rouge, et nous repartons vers Foumbot, puis Bafoussam, puis Dschang.

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