Cameroun

Seconde expédition kayak sur le Noun

Avec les hautes eaux de la fin de la saison des pluies

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Après un premier repérage en mai 2006, nous retournons sur le même tronçon du Noun, pour confirmer l’intérêt de la rivière, et approcher la nature au plus près.

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Que demander de plus ?

Départ à 5h de Dschang, conduit vers notre objectif dans un véhicule loué à la Caplame (Coopérative de Agriculteurs et Planteurs de la Menoua). Durant tout notre trajet, une brume nappe les fonds de vallée. Dans le lointain, sur la route, nous distinguons le Massif du Mbapit et les Monts Bamboutos.

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Le Mont Mbapit
Dans le lointain, qui recèle un petit trésor : le lac du Nfou

Nous avançons à bon rythme, et nous nous dirigeons vers Bayangam, afin de montrer au chauffeur le lieu d’arrivée de notre itinéraire en kayak. Nous traversons donc Bandjoun, et son fameux Palais, puis quelques kilomètres après, nous prenons une route qui part vers Tenjouonoun. Nous traversons le village de Pou. Cette route est goudronnée, et en excellent état, puisqu’elle mène à la palmeraie de Bandjoun, où Fotso Victor exploite l’huile de palme. sur notre trajet, les maisons au toits coniques se succèdent, et nous passons à côté de nombreuses cultures : macabo, bananiers, avocatiers, manguiers, safoutiers, maïs, pomme de terre, haricot, canne à sucre. après avoir repéré cette route, nous repartons vers Foumbot, pour le départ. La journée promet d’être superbe, un grand ciel bleu nous attend. Il est 8h, et la lumière sur le fleuve est superbe. Nous sommes enfin de saison humide, et le niveau d’eau sur le Noun est très haut. Les rapides sont méconnaissable, et d’énormes vagues se forment derrière les piles du pont. Je m’attarde et achète quelques "dattes" auprès d’une vendeuse ambulante, au niveau du poste de péage. Ce qu’elle appelle "datte" ressemble en effet à une datte, mais est en fait une espèce d’arachide qui fait de gros fruits, qui ressemblent à des haricots. C’est pas mauvais. Séverin et Mickaël, qui venaient en taxi, arrivent et nous nous préparons au départ.

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Séverin et Mickaël
L’un est moniteur à l’Asnaud, l’autre est le champion de l’Asnaud

Tout est paré, et nous voilà parti vers 11h. Le courant est fort, et nous décidons de prendre les grosses vagues sous le pont. Trois ou quatre énormes remous n’auront pas raison de notre volonté de réussir, et seul Mickaël, pour qui ce sont les premiers rapides, se retrouvera à l’eau. D’ailleurs, vu la configuration du site, cela serait un excellent terrain d’entraînement pour apprendre la classe 3 ou 4.

Mais nous continuons. Sur cette première section de deux kilomètres, l’eau est très tumultueuse, et nous arrivons au second pont. Les rapides sont impressionnant, et il faut bien serrer à droite pour éviter la machine à laver. N’empêche, tout le monde passera à l’eau, et certains forts rappels me feront de grosses frayeurs.

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A proximité de Bafoussam, la navigation est paradisiaque

La suite sera plus calme. Un long fleuve tranquille. Nous pagayons à bon rythme, poussé par un courant de 2 à 5 km/h, nous ne voyons pas la descente avancer. Je m’arrête sur une berge pour pénétrer dans une bambouseraie, et contempler les énormes troncs de bambous. J’ai une véritable passion pour cet arbre, et ceux-ci sont superbes, et la pénombre que l’on retrouve dans cette forêt tranche avec le grand soleil qui brille au dehors.

Retour au kayak, temporairement, puisque je vois devant moi une colline, et il me semble que la vue depuis le sommet sera superbe. Nouveau débarquement. Je sors, et à travers champs, je tire droit vers le sommet. Quelques paysans cultivent, et nous discutons : ce n’est pas tous les jours que l’on voit le blanc ici, d’autant plus lorsqu’il sort de la rivière ! Je reprend mon chemin, observe quelques jolis oiseaux d’un rouge puissant, des malimbes sans doutes (je n’arrive cependant pas à déterminer exactement l’espèce : 15-20cm, tête orange-rouge vif, poitrine rouge vif, ventre noir, bec noir, dos orange clair, avec des traces de blanc, tour de l’oeil et joues noires, queue noire, sus et sous caudales rouge)

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Le fleuve Noun
large rivière traversant des plaines largement cultivées, le fleuve Noun a été franchi voila 3 siècles par les premières chefferies Bamilékés

Je monte facilement à travers les hautes herbes folles, et progressivement la vue se dégage sur la rivière. Je vois mes deux amis pagayer, au loin. Je décide de redescendre par l’autre flanc, et je regrette rapidement cette idée : je traverse une végétation décidée à m’empêcher de passer : les lianes me prennent les jambes, des fruits collants s’accrochent à mes vêtements, des ronces me barrent le passage, et chaque pas est une grosse dépense d’énergie. Je ne sais pourquoi, mais des plantes grimpantes semblent vraiment vouloir s’opposer à mon passage et je dois défaire les noeuds de ces plantes font à chacune de mes enjambées. Finalement, je m’en sortirais, et retrouverais la berge où j’avais laissé mon kayak un peu plus d’une heure auparavant.

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Au fil de l’eau...
entre Bafoussam et Bandjoun, un bonheur de navigation en kayak

C’est reparti, au fil de l’eau, à l’affût des hippopotames qui pourraient se cacher ici, écoutant les nombreux oiseaux. Au fil de l’eau, je distinguerais des nombreux martin-chasseurs du sénégal, des martin-pêcheurs géants, des nombreux tisserins, des pigeons, des hérons garde-boeufs, quelques colonies de guêpiers à gorge rouge, de touraco gris. Trois splendides touracos verts s’envoleront à notre passge, et un grand-duc vermiculé, superbe oiseau nocturne de très grande taille, me regardera passer et repasser devant lui, à 4 mètres. Quelques calaos, souimanga, coliou rayés, euplectes veuve-noire viendront couronner le tout. En fin de parcours, je verrais, perché au sommet d’un arbre, un grand oiseau indéterminé, malgré des caractéristiques originales. 50 à 70cm, bec un peu courbé, jaune, teinte globale blanc tacheté gris. Vol lourd, et les rémiges primaires blanches immaculées, tandis que les rémiges secondaires sont noires. Ventre blanc-gris.

Nous naviguons dans une large rivière, et le niveau d’eau est tellement haut que les jolis rochers qui donnaient beaucoup de charme au parcours sont aujourd’hui immergés. Tranquillement, nous nous rapprochons du but, et sommes en vue du pont peu avant 16h.

Aidés par un habitant du village, nous sortons les kayaks de l’eau, chargeons la voiture avant de rentrer à Dschang.

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  • Seconde expédition kayak sur le Noun
    le 16 mai 2009 , julie

    bonjour !
    par hazard je tombe sur votre site et en tant que Camerounaise du Sud, j’ai toujours été frappé par la beauté
    de mon pays à travers sa diversité !
    merci pour les belles photos et les beaux commentaires !
    vive le Cameroun

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