Cameroun

Nouvel itinéraire de Kayak sur le Noun

entre Bandjoun et Bangangté

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Le 5 janvier 2007, la veille de la présente journée, nous avions une fois de plus descendu la première partie du Noun, entre Foumbot et Bandjoun, avec un groupe de 6 personnes. Cette journée avait été assez fatigante, car le niveau d’eau, en ce milieu de saison sèche, était très bas, et il fallait fournir de longs efforts pour progresser.

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Hippo sur la plage
Evitons-le tranquillement

Nous avions croisé un gros hippopotame, qui se faisait bronzer sur le sable, et se mettant à l’eau à notre vue, il avait fallu ruser pour le contourner. Cette journée s’était terminée la nuit tombée, vers 20h à Dschang, et c’est avec une équipe réduite à Séverin et moi-même que nous avions programmé la seconde partie, totalement inconnue.

Le 6 janvier 2007
Présents : Olivier Testa, Séverin Djouénang

Nous voilà donc parti dès 7h du matin de Dschang, au vu du trajet à parcourir : nous devions aller montrer au chauffeur l’arrivée de notre périple, pour qu’il puisse savoir où nous récupérer, en fin de journée. Légers (nous avions laissé dormir les kayaks sous le pont de Tenjouonoun pour éviter de les transporter deux fois), cette étape s’est effectuée dans de bonnes conditions, et nous voici parti vers 10h du Pont de Tenjouonoun, à l’aventure.

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A travers la plaine du Noun
Impressions de lieu intact et vierge par une forêt bordant le fleuve peu dégradée.

Le début de notre périple est calme. L’eau est plate, sans rapides et c’est un long échauffement qui débute, dans un paysage qui change par rapport à la partie précédente : les arbres sont plus haut, la rivière est comme oppressée par la végétation dense qui borde les rives. Rompant le charme, des motopompes jalonnent la rivière pour irriguer les cultures (invisibles) dans la plaine adjacente. Nous naviguons ainsi sur 5 km, sur le fleuve complètement plat.

Soudain, pchuuuuuuuit ! Un puissant souffle sort de l’eau : un énorme hippopotame vient de faire surface à côté de nous, puis un second. Nous prenons à peine le temps de nous regarder, chacun repartant de son côté, nous sur l’eau, lui sous l’eau. Il remontera peu de temps après, et là, nous nous observerons avant de continuer notre chemin.

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Et nous repartons. Les muscles des bras tirent un peu, la descente de la veille a laissé des traces sur nos organismes. Quelques kilomètres plus loin, une petite zone rocheuse change la configuration de la rivière, et serait à revoir en saison des pluies, nettement plus ludique.

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Séverin dérange quelques pic-boeufs

Cela dit, sur une centaine de mètres, c’est un enchaînement de petits rapides qui mettent un peu de piment à la matinée. Ce passage terminé, c’est reparti pour 5 km environ de rivière plate. Les oiseaux sont nombreux, surtout des gardes-bœufs, qui s’envolent régulièrement à notre passage.

Mais il y a tout le long de nombreux autres oiseaux : martin-chasseurs, milans noirs, palmistes africains, canards, guêpiers, tisserins, touracos verts, touracos gris, vanneau à tête blanche...

La rivière se sépare en deux branches, et c’est une nouvelle zone de rapides. Intéressant, varié, ce parcours est vraiment plaisant. Par moments, de gros rochers sortent de l’eau, vu le niveau bas, et cela donne une esthétique particulière à cette rivière.

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Pause-repas en basses-eaux

Ces petits rapides ont coupé la monotonie de l’excursion, et une fois ceux-ci passé, c’est reparti pour du plat. Plusieurs kilomètres de plat. La rivière s’élargit, et le lit fait par endroits 100m de large. Nous trouvons un endroit où casser la croûte, et souffler un peu. Notre rythme est bon, nous avons fait 15km en deux heures, et nous allons être en avance pour rentrer.

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Kayak sous les baobabs

Depuis le début de la descente, nous sommes par moments envahi de morceaux de cendres qui volent au vent, ou bien saisi par une odeur de feu de paille. Nous sommes en milieu de saison sèche, et le soleil a fait sa part de travail : sécher les hautes herbes. Maintenant, les paysans allument des feux de brousse pour brûler ces herbes inutiles et envahissantes pour avoir un terrain prêt à être cultivé à la prochaine saison. Ainsi, en montant sur les hauteurs, on peut voir d’immenses étendues de terres brûlées, noires, qui rendent les paysages particulièrement disgracieux. La nuit, ce sont des dizaines de foyers qui brillent dans la plaine, continuant le travail de désherbage des paysans.

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Portage pour éviter une chute

Nous repartons. Les rochers sont de plus en plus présents, et la rivière s’accélère. A un moment, une chute de petite taille barre la rivière. Nous essayons plusieurs bras, le Noun s’étant ici séparé en plusieurs branches, et finalement, nous préférons débarquer et pousser nos embarcations sur le côté, pour passer.

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Puis portage en sous-bois !

Quelques centaines de mètres plus loin, rebelote. Mais les blocs sont devenus énormes (plusieurs mètres). Nous sautons de blocs en blocs, pour trouver un passage. La zone est perturbée sur une longue distance. La solution qui nous paraît la plus raisonnable consiste à shunter la rivière en passant par la forêt. Dans l’aventure, nous avons quand même perdu une heure, pour faire 300m.

Il reste 5 kilomètres avant le pont, et nous repartons. Malheureusement, la malchance est avec nous, et une centaine de mètres plus loin, c’est une vraie chute qui nous bloque. Il se fait tard, et croisant des pêcheurs juste avant, on se fait aider pour sortir, et nous portons les kayaks jusqu’à une vieille piste carrossable. Les pêcheurs nous guident ensuite jusqu’au village, et après 45min de marche à travers champs, nous arrivons au village, et rencontrons le chauffeur, qui commençait à s’impatienter. Il est déjà 17h passé, la nuit ne va pas tarder à tomber.

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Olivier, scéance photo !

Notre pêcheur nous guide au retour jusqu’aux bateaux, en faisant des détours interminables dans les collines boisées de coin pour retrouver notre lieu de dépot, et finalement, après le chargement, nous sommes sur le chemin du retour. Le village (dont nous n’avons pas réussi à obtenir le nom) se situe à 16 km de bonne piste terreuse de l’axe Bafoussam-Yaoundé, au niveau de Bangangté.

Nous arriverons vers 20h à Dschang, et il n’est pas besoin de mentionner que la nuit fut excellente, et les courbatures nombreuses le lendemain.

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