Aventures Spéléologiques

Le site de Mavoundi

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Exploration de la grotte de Mavoundi I

Exploration

Il est midi passé lorsque Geoffroy et moi suivons Alain, notre guide pour la journée, jusqu’au lieu-dit Mavoundi.
Nous marchons sur une étroite piste qui serpente entre tantôt la jungle, tantôt des plantations de manioc ou bananiers.
Nous arrivons assez rapidement au niveau d’un front rocheux et, nous approchant et fouillant dans les éboulis, nous trouvons la première grotte. Une petite entrée que Geoffroy va voir, qui fait une dizaine de mètres de profondeur. Nous ne la topographions pas.
Une seconde, à quelques mètres, n’est pas beaucoup plus longue. Continuant à longer le front, à 15m de là, nous tombons sur le grand porche de Mavoundi I.

Nous jubilons : c’est la première vraie grotte que nous trouvons, et l’entrée est imposante. Je descends faire quelques pas au pied de l’éboulis d’entrée. Après avoir entendu le flap-flap des ailes chauves-souris de l’extérieur, senti l’odeur de fauve qui se dégage de la grotte à l’entrée, j’arrive dans la partie sombre et allumant ma torche, je vois le sol de la grotte bouger. Horreur ! des millions de cafards grouillent !

Je ressors en courant.
Geoffroy va faire un tour à l’intérieur, mais il semble mieux supporter que moi cette faune, et reste au moins une minute à l’intérieur. Je tente une autre approche. Je descends jusqu’au milieu de la grande salle, où plusieurs milliers de chauves-souris volent ou sont pendues. Je vérifie constamment que les cafards ne décident pas de remonter dans les chaussures. Les chauves-souris, qui se cognent fréquemment contre mon casque, défèquent en volant au-dessus de ma têtes, et nous recevons de nombreux projectiles odorants. L’odeur est âcre est insupportable, je ressors précipitamment : un besoin d’air frais ! Ce manège durera 15-20 minutes avant que nous nous soyons habitués à cette vie grouillante, à l’odeur, et de pouvoir rester, stoïques, au milieu de cet enfer mouvant et voletant. Nous faisons un tour de la grotte, de la grande salle principale. Nous n’hésitons presque pas à ramper pour atteindre des galeries étroites, dont le plafond est empli de criquets qui nous sautent dessus lorsque nous passons dessous. Nos gants à manchette sont indispensables. Nous prenons des photos, et levons la topographie, imperturbables. Alain, lui, en nu-pieds, se plaint que des bêtes le piquent sur les pieds.
Après une heure ou deux (nous n’avons pas pensé à regarder l’heure), nous finissons les mesures, et disons adieu aux moucherons qui volètent par centaines, attirés par notre lumière et nous dérangent à chaque inspiration.

voir les photos et vidéo de la faune abondante

Grotte de Mavoundi I

Description de la grotte L’entrée 1 se situe à une vingtaine de mètres du chemin, cachée dans la jungle.

Le porche de belle dimension est un peu caché du chemin par une épaisse jungle. Depuis le sommet de la butte, au niveau du porche d’entrée, on voit la grotte s’enfoncer dans un tumulte de chauve-souris.

L’éboulis d’entrée franchi, le sol de la cavité est constitué d’un épais guano mou qui grouille de dizaines de milliers de blattes et autres coléoptères ou insectes. Sur la gauche, une petite galerie part en remontant et mène, après un passage bas, à une galerie effondrée qui ressort (entrée 2)

En continuant vers la salle principale (6x8m, 6m de hauteur), plusieurs milliers de chauves souris (corps : 4-5cm, insectivores) s’envolent. Les moucherons se réveillent aussi et tournoient autour des casques. L’odeur est âcre. Certains petits cafards se regroupent en monticules de 30cm de diamètre et 10cm de hauteur. Les gros cafards (4-5cm), dont le dos imite une feuille d’arbre, très jolis (toutes proportions gardées), fuient et s’enterrent. Il y a aussi des cafards striés noir et jaunes, des nombreux criquets, sur les parois, qui se laissent tomber lorsqu’une source de chaleur passe à proximité, des amblypyges, ainsi que des araignées de plusieurs espèces.

La salle a été creusée à la faveur d’une probable faiblesse dans le calcaire, présente de nombreuses voûtes et a probablement été creusée en régime noyé. Le pendage des strates varie de 70 à 90°, ce qui indique un plissement important (que l’on retrouve sur toute la zone). Des traces de marmites se distinguent sur les parois. Les parois sont très blanches.

En longeant la paroi et revenant vers l’entrée, on accède à un renfoncement. Une coulée stalagmitique sur la gauche remonte de quelques mètres, mais ne provient de nulle part.

En repartant vers le sud, on parcourt une galerie dont le sol n’est plus recouvert de guano, mais de terre et de rochers. La galerie est creusée dans l’interstrate (strates à 80° environ), et plusieurs effondrements en plafond donnent des puits de lumière qui ressortent 10m plus haut. Un troisième effondrement encombré de blocs, quelques mètres plus loin, permet de sortir.

Enfin, on accède à une troisième chambre dont le coté gauche et constitué d’un miroir de faille (50° environ), et qui ressort à l’extérieur par une petite entrée (Entrée 5)

Exploration de la grotte Mavoundi 4

Exploration

Nous ressortons, et nous frayant un chemin dans la jungle, à travers les lianes, les arbustes, et les arbres aux troncs épineux, nous arrivons à un immense porche, où volent des roussettes.
Cette grotte, Mavoundi 4, est moins habitée que la précédente. Les chauves-souris frugivores sont plus grosses, et leur déjections doivent être moins propices au développement d’une faune. La salle principale est plus grande, mais le développement est moindre. Les chiures, par contre, sont plus grosses, odorantes et plus salissantes ! Il se fait tard et nous n’avons pas le temps de faire la topo des lieux.

Alain, derrière nous, fait tournoyer en l’air un long bâton, et lance un cri de joie lorsqu’il réussit à frapper une chauve-souris. La pauvre bête, l’aile cassée, rampe péniblement par terre en poussant des petits cris, tandis qu’Alain en percute une autre. Nous lui demandons gentiment d’arrêter le massacre, je prends la machette et achève les deux bestioles qui souffrent.

Nous rentrerons, heureux de ces découvertes impressionnantes.

Grotte de Mavoundi 4

Description de la grotte

La grotte se présente comme une grande salle (30mx10m, 5m de plafond). Elle est habitée par des chauves-souris frugivores (quelques centaines). Le sol est recouvert d’un épais guano odorant, mais la faune qui y vit est sans commune mesure avec celle de Mavoundi I. Il y a juste quelques cafards de-ci de-là.

Quelques tas de guano réduits peuvent être observés sous les cloches où résident les chauves-souris. Au fond, à gauche, il y a des traces d’une exploitation artisanale récente du guano, sur 40cm d’épaisseur.

Sur la droite, trois grosses concrétions montent jusqu’à 1,5m de haut. A noter la présente d’une énorme racine d’arbre, vivante, à demi enterrée dans le sol de la salle (diamètre : 30cm)

Exploration de la grotte Mavoundi 3

Description de la grotte

La grotte (entrée 1) s’ouvre près de l’extrémité gauche du ranc rocheux. Le porche se trouve à 4m du sentier, dans une zone de blocs.

L’entrée de la grotte est une petite salle quasiment circulaire bien concrétionnée, de 2m de haut. Des blocs sur la gauche donnent accès à une zone basse de plafond après faufilement. En partant dans la branche de gauche, on reste très proche de l’extrémité du front rocheux, avec quelques rayons de lumière qui passent à travers les blocs sur la gauche. Sur la droite, ce sont les strates penchées à 37° qui forment le plafond. Un passage entre blocs donne accès à une petite salle au niveau inférieur dans l’interstrate. Cette branche s’arrête sur le rocher et les racines d’un arbre.
La branche de droite, à partir de la salle d’effondrement, donne à une petite salle au sol argileux présentant une croûte d’oxyde de fer sur les parois.

De retour dans la salle d’entrée, un passage bas vers la droite donne accès à une jolie petite galerie creusée par un actif. Une étroiture en S mène à l’entrée 2 de cette grotte.

Plus d’informations dans le rapport d’expédition disponible sur le site de l’EEGC

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  • mitterrand
    le 11 septembre 2009 , mitterrand

    bonjour, depuis 2007, lors de votre passage a Tchibanga dans le quartier de Minanzala (chez les soeurs bleu)et l’histoire d’une certainne cigarette un soir au quartier,
    cordialement

    Mitterrand

    LYON

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