Chine

La Jonction de Daqingxiaokengdong 大庆消坑洞, suivie de Donkou 洞口

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01/03/08
Pascal Orchampt - Olivier Testa

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village de montagne dans le Guizhou

Départ pour Dawan le matin.
Pascal et moi allons tenter de faire la jonction Daqingxiaokengdong-Huangguatoudong, puis prospecter en surface quelques grottes, notamment pour objectif Dongkou 洞口, grotte en altitude avec courant d’air, repérée en 2003, non topographiée, avec "arrêt sur un rétrécissement 4m x 4m" (!).

L’autre équipe, Eric, Nico et Flo (?) doivent aller continuer l’explo de Dawujidafengdong.

Après la quotidienne montée en 4x4, nous nous faisons déposer par la voiture, qui continue son chemin avec la seconde équipe. Mais dès le véhicule parti, Pascal se rend compte que son sac est resté dans le coffre. Tandis qu’il part à la poursuite du 4x4, je monte, pour commencer à équiper le trou. Je commence juste à installer la corde lorsqu’il revient. Nous descendons dans le gouffre sous un soleil magnifique, ce qui est très rare dans le Guizhou. Au pied du puits de 30m, le méandre. Etroit (mais pas trop), la progression se fait en opposition, et en mouvant son corps de manière très contrôlée pour contourner les blocs qui dépassent, ou se positionner idéalement pour passer les passages étroits (au niveau de la tête, du torse, des épaules, du bassin, des jambes ou des pieds).
300m de progression et nous arrivons au terminus de notre exploration précédente. Au sommet d’un puits estimé au lancer de caillou à plus de 80m. Pascal part en tête équiper. Il commence à installer la main courante, puis au sommet du puits, sort la trousse à spit pour poser un amarrage. "Olivier, où est le tamponnoir ?". Rires. Je l’ai oublié sur la table de l’hôtel. Il va falloir faire sans. Un petit amarrage naturel est rapidement trouvé, et la corde est mise en place.

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Au sommet du P110
à la recherche d’un endroit où accrocher la corde

Pascal descend, et reconnait le P80 de Huangguatoudong qu’il avait topographié il y a deux jours en passant par le bas, par Dawujidafengdong. Le puits fait maintenant 110m de haut. De plus, Daqingxiaokengdong est désormais le point haut du réseau, qui fait maintenant 536m de profondeur. Nous effectuons le relevé topographique, puis ressortons. Zhao, le guide chinois qui nous suit depuis plusieurs expéditions nous attend au sommet.
Une fois le puits déséquipé, nous lui expliquons avec les mains ce que nous avons trouvé. Nous lui montrons ensuite le mot 洞口(Dongkou, grotte bouche), nom de la grotte suivante. Zhao nous fait comprendre qu’elle se trouve au sommet de la montagne que nous voyons à gauche... et nous dirige vers un chemin qui part sur la vallée de droite. On sent qu’il va se passer quelque chose d’imprévisible, de typiquement chinois.
Zhao nous amène à son village, constitué de quelques maisons. Une petite fillette nous regarde de travers, caché dans l’ombre d’une maison. Il nous présente à sa famille, et nous invite à un petit repas improvisé.
On s’assoit autour du poêle à bois, et on nous montre un oeuf, en faisant le signe de manger avec les doigts. Evidemment, il serait inconvenant de refuser.

La maitresse de maison cesse alors d’allaiter son nourrisson pour mettre un récipient à bouillir sur le poêle à charbon. Les chinois parlent, on ne comprend pour tout dire presque rien. J’entend "qi ... ba..." (7 ou 8). C’est à peu près le nombre d’habitants de la ferme. Elle compte le nombre d’oeufs dans son panier et les casse délicatement dans l’eau frémissante pour les pocher. Un, deux... cinq... dix... dix-huit oeufs sont ainsi mis à cuire. Elle écume régulièrement la surface, teste la cuisson en plantant une baguette dans le jaune, puis elle sort d’un placard une soupière pleine de saindoux.
Puis trois bols, trois louches de saindoux. Pascal me jette un regard. On commence à se poser des questions.
Quelques minutes plus tard, on doit se rendre à l’évidence, un bol plein de jus de cuisson, de saindoux, et de 7 ou 8 oeufs pochés chacun à manger ! Beurp ! j’y pense encore.
Pour digérer, un bol de thé semblable à du foin moisi que l’on aurait fait infuser. Certainement pas le meilleur repas que l’on ait eu jusqu’à présent !

Nous repartons, et après quelques détours par des entrées de grottes que Zhao tient absolument à nous montrer, on se dirige vers la montagne tant attendue. Sans oublier en passant une visite dans le temple du village.

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Les fermes traditionnelles en bois, surélevées

Le chemin monte raide, et la végétation change. Les arbres se font rares, et l’alpage apparait. Le petit vallon que l’on suivait depuis un moment mène à un col avec une superbe vue sur les vallées voisines. On aperçoit aussi non-loin de là quelques gouffres qu’il faudra revoir. Dongkou n’est pas loin, et l’entrée se trouve presque au sommet d’un piton.

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L’entrée de Dongkou

Telle une bouche dans le piton, Dongkou s’impose et s’enfonce à 45° dans le sol.
La galerie d’entrée descend, avec quelques ressauts, jusqu’à arriver sur un niveau de base plus horizontal. Un bassin de décantation et un four à nitrate sont présent. La galerie principale, gros méandre fossile légèrement ventilé de 10m de large, 10 à 20m de haut, se parcourt aisément. Après une arrivée d’eau et un coude important, des effondrements importants rendent la progression difficile, et nous devons nous arrêter sur une trémie à courant d’air impénétrable. Retour sur nos pas, où proche de l’entrée, nous avons laissé des départs. Ils ne seront pas très fructueux. Il s’agit en fait de passages en trémie, en partie empruntés par les chinois pour l’exploitation du nitrate par le passé.

Nous ressortons et, en retard, nous descendons rapidement le chemin. Zhao nous fait passer par des chemins qui rallongent, mais que bordent quelques gouffres interessants. Pointage GPS, lancer de pierre pour sonder la profondeur. Il va falloir revenir. Qian Zhi et He Wei nous attendent à la voiture, et nous rentrons de nuit sur la piste. Nous arrivons à Wenquan pour le repas à 20h. Les oeufs ne sont pas encore digérés, et nous essayons quelques légumes verts pour faire passer.

Ensuite, direction les bains chauds pour se détendre et se faire masser les muscles endoloris par des jets d’eau pulsée, puis report topo sur l’ordi, et enfin, dodo vers 0h30. Bonne nuit en perspective.

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