Aventures Spéléologiques

Un taxi pour Goma

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26/05/2008

Et voilà, nouveau départ.

Un contrat de volontariat pour six mois avec l’ONG d’urgence Solidarités pour travailler comme responsable de base à Mahagi, province de l’Ituri, République Démocratique du Congo, sur des projets de réhabilitation (agriculture, route, relance économique, assistance aux retournés). Si vous ne voyez pas très bien où se trouve Mahagi, c’est à la frontière entre la RDC et l’Ouganda, très proche du lac Albert.

Le voyage : simple.
Après quelques jours à Paris et profiter de mes derniers jours de civilisation occidentale, départ pour Addis-Abéba, Ethiopie. Cette capitale est située à 2300m d’altitude ; c’est la saison sèche, et le voile atmosphérique ne permet pas de beaucoup apprécier le paysage, depuis l’avion. Mais nous survolons des champs à perte de vue, sombres, gris, cendrés. Etrange.
Transit à l’aéroport qui me permet d’apprécier le charme de la langue Ethiopienne. Alors que l’écriture est fine, belle, poétique, toute en rondeur, la prononciation est étrange. Elle semble très proche du russe, avec des accents scandinaves… Déroutante.
Quelques heures plus tard, nous voilà partis pour Entebbe, ancienne capitale de l’Ouganda, 1400km plus loin, pour une petite escale technique. Il fait 36°. Peu après nous survolons le lac Victoria pour arriver à Kigali, capitale du Rwanda. L’air est frais, la campagne est très verte, la ville est entourée de collines cultivées, et il se dégage de l’endroit une impression de douceur de vivre.
Mais c’est probablement le début des soucis. A cause d’un changement de fonctionnaire au ministère de l’immigration au Rwanda, nous n’avons pas de visa. Nous n’avons pas non plus la facilité de visa, papier délivré par les autorités rwandaises qui permet d’acheter un visa sur place. En tant que français, et connaissant le rôle qu’a joué la France dans le génocide, les rwandais ne nous aime pas tellement. Mais après palabres avec le douanier, discussions avec un autre officier et quelques coups de fil, le fait que je travaille dans l’humanitaire et que je parte immédiatement pour la RDC facilitent les choses. Je paie le visa et je passe. Dieudonné, chauffeur de taxi habitué à faire la ligne Kigali-Goma pour Solidarités nous prend et nous voilà parti pour Goma. 3h30 de route à travers la campagne rwandaise. La route est belle. Le bitume est excellent. La route serpente entre les collines qui s’enchaînent, couvertes de champs et de petites fermes aux toits en tuile. Très semblable à l’Ouest Cameroun, en fait.

Soudainement, après deux heures de route dans ces paysages, à croiser villages et paysans, une pensée me traverse l’esprit. Je suis bien. Je me sens dans mon environnement. J’ai l’impression d’avoir quitté le Cameroun la veille.
Notable différence : je n’ai pas l’impression de corruption généralisée ; pas un contrôle policier en 200km alors qu’on se rend à la frontière ; pas de harcèlement à l’aéroport. Dieudonné nous confirme cela.
Après une pluie battante qui durera 15minutes, nous arrivons au poste frontière. Il fait nuit noire. Il est 18h15. Fini les longues soirées estivales à la terrasse d’un café. Nous sommes sur l’équateur : le soleil se lève vers 5h30 et se couche à 17h30 –oui, 17h30…-.
Nous passons cette douane sans problème, et 300m plus loin, nous entrons dans une vaste demeure entourée d’une haute barrière surmontée de fils barbelés. Le chauffeur parle à sa radio VHF, et un gardien vient nous ouvrir. Un autocollant « Solidarités » est collé sur le portail.
Je débarque donc dans une grande maison où nous accueillent quelques expatriés de Solidarités, une dizaine en tout. Nous prenons un bon repas, et je pars me coucher, fatigué.

Les oiseaux chantent, l’air est frais, il est 5h, le jour se lève. Je sors et découvre enfin la maison, imposante avec ses douze chambres. Mais c’est surtout la vue qui me laisse sans voix. La maison est située sur les berges du lac Kivu, les pieds dans l’eau.

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Le matin, réveil sur le lac Kivu
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Hotel en bordure du lac Kivu

Dans le jardin, les rosiers grimpants et les bougainvilliers ont recouvert les fils barbelés. Quelques arbres fruitiers donnent de l’ombre sur la pelouse qui mène au lac, dont la sinistre réputation est à rapprocher de sa beauté. Les nombreux hôtels présents peuvent en témoigner. C’est le début d’une nouvelle aventure africaine, différente.

suite

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  • Un taxi pour Goma
    le 2 juillet 2009 , Michel

    bonjour

    Je vois que vous connaissez bien cette region, je dois (une ONG Allemande me propose de partir pour construire des routes)aller a GOMA je souhaiterai savoir comment est la vie labas (votre post date d’un an ) est ce que la vie y est pareil ?

    est il conseillé de laisser la famille en france ?

    en vous remerciant par avance

    michel

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    • Re: Un taxi pour Goma
      le 9 juillet 2009, Olivier

      Je ne connais pas beaucoup Goma.

      Et difficile de répondre à la question en trois lignes.

      Goma une ville très noire (la terre volcanique est de partout ; la première fois, ca fait bizarre), mais on s’habitue.

      La communauté expatriée est très restreinte, on fait avec. Pour se ressourcer, faire du tourisme, beaucoup de salariés d’ONG partent au Rwanda, à quelques centaines de mètres, où la vie est beaucoup plus tranquille, agréable...

      Au niveau sécurité, tout dépend des périodes. Quand c’est calme, ca va, mais il faut quand même savoir que c’est une zone instable.

      Après, on est à Goma pour travailler, pas forcément pour autre chose...

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