Aventures Spéléologiques

La frontière n’est jamais bien loin...

Randonnée autour de Nyirambe

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Seconde randonnée en pays congolais. Accompagné cette fois-ci de deux amis, nous voici partis "au feeling" à travers la brousse et les petits villages perdus.

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La région de Nyirambe
Nous sommes en bordure du plateau, à 1500m. L’extrémité du plateau descend abruptement au niveau de la plaine du lac Albert

En ce week-end prolongé (le 30 juin étant jour de fête nationale au Congo), c’est en compagnie de Régis et Cécile que nous empruntons la route de Mahagi-port à la recherche d’une promenade dominicale.

Il est 8h et nous voilà donc parti en direction de Mahagi-port. Entre Mahagi et Mahagi-port, aucun points communs. 53km de route défoncée (3h30 en 4x4) et 1000m de dénivelé séparent les deux villes. Les climats n’ont rien à voir. La zone est très chaude et humide en bas, infestée de moustiques, avec une épidémie de choléra persistante. La faune est différente. Crocodiles et hippopotames peuplent le lac, le fameux black mamba est tapis dans les arbres.

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Petites cases, et enfants joueurs

Le chauffeur conduit prestement le véhicule, et nous cherchons une montagne à gravir. Le paysage est vallonné, et au loin, nous apercevons une dent qui dépasse. Elle est tentante, mais parait assez loin. Si la route s’en rapproche, cela sera notre objectif. Nous poursuivons notre route, longeant de nombreuses cases et des enfants qui nous disent bonjour de la main. Les vélos sur la route sont chargés de volumineuses marchandises qui seront vendues à Mahagi-port. Malheureusement, la dent s’éloigne, mais un autre objectif est en vue.
Un chaîne de montagne très jolie se dessine et se rapproche de nous. Après 45 minutes de route, à 10km du poste frontière de Mahagi, 3km avant Nyirambe, au lieu-dit Oubére (orthographe phonétique), nous laissons la voiture pour partir à pied à travers champs et rejoindre la première colline.

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Les montagnes ougandaises

Le temps est superbe, il commence à faire chaud, nous ne sommes qu’à 1440m d’altitude. Nous traversons quelques maisons écartées de la route, puis nous nous retrouvons à marcher d’un bon train à travers les champs de manioc, de patate douce ou de maïs, tâchant de garder le cap vers notre première colline. Nous franchissons deux petits ruisseaux, puis retraversant un petit village, quelques enfants se mettent à nous suivre, en criant fort. Impassibles nous continuons notre chemin, et gravissons les derniers mètres avant d’atteindre le sommet. Je décide de contourner le sommet par la gauche, afin de passer un pied d’une petite falaise de 8m, et chercher un éventuel abri sous roche, Régis et Cécile la contournent par la droite, où une pente herbeuse permet de se retrouver directement au sommet. Pas d’abri sous roche, mais un rocher très abrasif, avec des veines noire et blanches fortement courbées. Je me laisse tenter pour un pas d’escalade pour atteindre le sommet où une douzaine d’enfants nous attendent.

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Nous redescendons de l’autre côté, jusqu’au petit col où se trouve au petit village ; nous croisons un vieux qui nous parle en anglais. Nous discutons un peu, entourés par une vingtaine d’enfants. Nous repartons, et la foule qui nous suit grossit au fur et à mesure. Nous trouvons des sentiers qui longent les champs, et qui semblent toujours nous amener à bon port. Au bord du chemin se trouvent de grosses termitières, d’1,5m de haut, à moitié recouvertes de branches, comme une petite hutte. C’est la méthode locale pour capturer ces insectes appétissants : peu avant la saison d’envol des termites, les autochtones construisent une cage en feuilles de bananiers qui enferme la termitière, en ne laissant qu’un petit trou. Lorsque les termites veulent s’envoler, elles passent par la seule issue possible, et les villageois les capturent pour les manger.

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Scène de ménage

La pente est faible, nous passons régulièrement au milieu d’un assemblage de quelques cases avec des animaux de ferme, et nous grimpons progressivement jusqu’au sommet où se trouve une croix. Parmi la trentaine d’enfants qui nous suivent, certains se signent devant la croix.

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La croix, à 1535 d’altitude

Nous nous reposons un peu à l’ombre, car le soleil tape dur à 1535m d’altitude. Les enfants crient, sifflent, remuent, et au pied de la colline, dans le petit village, toute la population est sur la piste, à nous attendre.Nous ne tardons pas à rejoindre tout ce monde, et nous sommes accueilli par deux jeunes qui engagent la conversation, en anglais. Echange de politesses, puis ils nous demandent d’où l’on vient, et enfin nous souhaitent bon voyage et c’est avec une foule d’enfants déchainés que nous reprenons la route. Il faut bien comprendre que ces enfants nous suivent, mais lorsqu’on se retourne pour leur parler, pour leur tendre la main, ils fuient, apeurés. Un gamin plus hardi que les autres nous tourne autour, et appelle un de nous « Jackie Chan ». Il fait semblant de vouloir faire du karaté avec Régis, et durant 3/4h, nous interpellera « Hi, Jackie Chan, where are you going ? »

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Régis est suivi par une cinquantaine d’enfants

De nouveau en train de monter une colline, et au sommet, au cours de la pause, je regarde le GPS. Sur l’écran, je regarde la carte pré-chargée et notre parcours. Notre cheminement franchit un trait épais qui me laisse perplexe. Je pensais initialement qu’il s’agissait d’une route que nous avions franchie, mais en jouant avec les boutons et en augmentant l’échelle, cela saute aux yeux : ce trait, ce n’est pas la route, c’est la frontière ougandaise ! Voilà pourquoi les gens ne parlent pas un mot de français, pourquoi le vieux dans le village se montrait étonné de nous voir venir de Mahagi, pourquoi plusieurs personnes nous ont demandé si nous étions des UN.

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Un plant de café arabica
les cerises sont encore vertes, mais vont mûrir et devenir rouge vif

Nous décidons alors de rentrer au plus vite du bon côté. La frontière est à 1,4km à vol d’oiseau. Nous redescendons jusqu’au bas-fond, et au milieu des champs d’arachides et de patates douces, nous tombons sur un champs de cannabis. De hauts pieds d’1,60m, en pleine forme. On ne s’ennuie pas dans les campagnes ! Un peu plus loin, un vieil homme nous demande de nous rapprocher. Il a quelque chose à nous montrer. Il nous montre selon lui un diamant gros comme le poing. Mais même si c’était un vrai diamant, il vaut mieux éviter de se fourrer dans ce genre de combine.

Enfin, au sommet d’une butte, une longue rangée d’agaves en fleurs sont plantés, et le GPS nous confirme qu’il s’agit de la frontière. Les enfants nous ont lâché depuis le dernier village, et nous rentrons tranquillement au Congo. La voiture n’est plus très loin, et c’est en suçant une canne à sucre que nous apprécierons le retour vers Mahagi.

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Fichier KML de Niarembe
(Google Earth)
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Carte de Mahagi
(source : UNJLC)

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Olivier Testa
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