Cameroun

Expédition en kayak sur la rivière Noun, Cameroun (2/2)

Descente entre le chant des oiseaux et les hippopotames

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le Samedi 3 juin 2006 Avec Jojo Motapon, Séverin et Olivier Testa

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Paysage de rêve
Le Noun, le Mbapit, la végétation luxuriante, c’est le bonheur
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Début de la randonnée
Depuis le pont de Bafoussam, on peut embarquer facilement.

Le repérage terrestre de la veille de la Rivière Noun ayant été fructueux, nous nous donnons rendez-vous à 6h00 le samedi matin à la base nautique de Dschang pour charger la voiture et les préparatifs.

Nous emportons donc trois sit-on-top monoplaces, pagaies, gilets, casques, leash, cordages, trousse à pharmacie, bidon étanche, nourriture et eau, machette. Cela rentre dans le pick-up, et nous voilà parti vers Bafoussam où nous retrouvons le père de Martial qui fera la navette.

Arrivée sur le pont, je commence à donner quelques consignes de sécurité, montrer quelques dangers de l’eau-vive à la faveur des remous derrière la pile du pont...

Nous embarquons à 9h, chacun ayant un très large sourire, pour une descente qui s’annonce longue, 20-25km. La nouveauté est en cours d’apprentissage lorsque quelques centaines de mètres plus loi se profile un premier rapide. Nous débarquons avant pour l’étudier, sous le regard étonné d’une maman qui lave son linge dans la rivière. Rien de très difficile, mais Jojo et Séverin sont impressionnés par le bruit et l’agitation. Je leur fais une petite démonstration, Jojo passe après moi, mais Séverin a un peu peur et préfère contourner ce rapide. Nous le repassons deux fois chacun, puis nous continuons notre périple.

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Splash !!!
C’est ludique, peu difficile, mais réussir à passer un rapide fait toujours plaisir,surtout à Séverin !

Mais 50m plus loin, sous l’ancien pont du Noun, une autre section agitée ponctuelle nous attends. Là, c’est un peu plus difficile, mais il n’y a aucun danger, l’arrivée est calme. Je tombe royalement à l’eau, retourné par une vague de côté. Cette fois-ci, Séverin, malgré la difficulté, se lance et sous les applaudissements des passants sur le pont, il négocie très habilement son passage. Jojo fera de même. Tout le monde est très heureux, euphorique. Lors du second passage, je retomberai à l’eau, puis après avoir passé une heure dans ces rapides, nous nous remettons en route.

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Premier rapide pour Freddy
Malgré la puissance de cette image, il n’y avait rien de compliqué, et la sécurité est assurée.

L’eau devient calme. Très calme. Paisiblement, notre rythme reste élevé, pour ne pas prendre de retard sur l’horaire. Sur les berges, nous croisons parfois un pêcheur étonné, des arbres aux racines serpentiformes de toute beauté. On nous dit que les hippos ne sont pas très loin. Le chant des oiseaux nous accompagne, le ciel est pur, sans nuages, la température reste agréable : que demander de plus ?

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Petit casse-croûte composé d’avocats, beignets, bananes sucrées, pris sur l’eau. Le courant est tellement faible que la petite brise nous pousse à contre courant. Nous redémarrons. Jouant toujours le lièvre, c’est avec un bon rythme que nous avançons, le regard tantôt dans l’eau, à guetter les hippopotames, tantôt en l’air surprendre l’envol d’un oiseau bleu pétrole, ou cherchant un singe. Nous faisons des photos, et le site est vraiment joli, malgré la relative monotonie après deux heures de pagaie. Jojo, puis moi nous faisons agresser par les mut-mut, petites mouches urticantes dont les morsures sont terribles. Plusieurs dizaines de boutons sur le corps, pour avoir voulu peaufiner mon bronzage (!) et retiré mon T-Shirt.

Je regarde sur la berge boueuse :
- les z’hi... z’hi...
- quoi, les zizis ?
- les popo...
-  ???
- LES Z’HIPPO...

Sur la berge boueuse, nous regardons des traces qui auraient pu être faite par des gros pachydermes. L’imagination peut jouer des tours, parfois ! Rien à l’horizon.

Toujours pas de rapides, Jojo et Séverin commencent à montrer des signes de fatigue, nous faisons une pause, je me baigne un peu, puis c’est reparti. 4h que nous sommes partis, dont 3h à pagayer ferme. Par endroits, de jolis gros rochers arrondis affleurent à la surface de l’eau, donnant une certaine esthétique au site. De grands oiseaux noirs avec des ailes rouge vif s’envolent puis se cachent dans les arbres surplombant le fleuve. Certains arbres hébergent des centaines de nids de tisserants, petits oiseaux jaunes vif très bruyant.

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Le Noun est un long fleuve tranquille...
...en dehors de hippos, des serpents, des rapides...
Commentaire de Jojo à mi-parcours

Le début de la descente était très belle, la suite ressemble au début, mais la monotonie rend la descente longue. Cela dit, c’est une excellente école de pagaie, et amener les jeunes ici serait une bonne chose, pour apprendre le bon geste, et l’endurance.

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Hippopotame
(photo Alain Collet)

Un peu plus loin, j’aperçois un poisson qui saute. Un poisson, ou un... Mince, une énorme tête d’hippopotame sort de l’eau à 3 mètres de mon embarcation ! Il me regarde, aussi étonné que moi. Je ne demande pas mon reste, et fait un sprint pour m’éloigner. Les autres sont à 50m derrière et n’ont rien vu. Je leur dit de se dépêcher, et ils arrivent vers moi. Après les avoir mis au courant, on continue à observer. Ils ressortiront plus loin, puis plus rien. Excellents nageurs, ils peuvent aussi rester immergés 10 minutes. Nous ne les reverrons plus. Plus tard, les pêcheurs nous confirmeront l’existence de deux groupe d’hippopotames, dont la femelle de celui aval, que nous avons vu, vient de mettre bas.

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Plaisir des yeux

Dernière ligne droite (nous ne le savons pas encore), et une heure plus tard, pont tant attendu arrive.

Martial et son père nous attendent, nous sortons les bateaux de l’eau, puis nous racontons nos aventures, avant de repartir vers Bandjoun, puis Dschang. La journée a été bien remplie, les muscles font mal, et je commence à réfléchir au planning du lendemain. La descente aura duré pas loin de 6h, pauses comprises.

Prochaine étape : le second tronçon, puis plus difficile à mon avis, avec les rapides, le troisième tronçon. Enfin, j’aimerais faire la descente intégrale, jusqu’à la mer, sur 7 à 8 jours. Autres projets : le Mbam, la Menoua puis le Nkam jusqu’à Enkom, et pourquoi pas Douala en évitant les chutes.

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Carte de la région
Gros plan de la carte au 1/200000 de l’Institut National de Cartographie

Merci à Alain Collet pour la photo d’hippopotame. J’avais autre chose à faire que sortir mon appareil lorsqu’il est apparu. OROPHOTO, le site d’Alain Collet

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